old-peoples-home-63617__340La maladie d’Alzheimer, qu’est ce que c’est ?

Elle a été découverte pour la première fois en 1906 par le neurologue allemand Aloïs Alzheimer. Longtemps nommée «maladie de la mémoire», cette maladie neurodégénérative s’exprime par une disparition progressive des neurones.

 

 

 

Celle-ci est responsable des pertes de mémoire, mais également des troubles de l’orientation, du langage, de la marche, et enfin du comportement.
Les troubles cognitifs apparaissent progressivement, puis s’amplifient et se généralisent. Viennent ensuite les troubles comportementaux.
On note 5 stades d’évolution de la maladie d’Alzheimer : Léger, modéré, moyen, sévère et enfin très sévère.

Comment ?

Le processus de dégénérescence du cerveau est provoqué par deux phénomènes observés scientifiquement :

D’une part, à cause d’une anomalie de la protéine Tau, située au cœur des neurones. Son dysfonctionnement entraine la dégénérescence neurofibrillaire, puis la mort des neurones.
D’autre part, la formation de plaques amyloïdes, dites plaques séniles, à l’extérieur des neurones empêche la connexion entre elles.

Ce qui conduit également à la mort des neurones et à l’atrophie du cerveau, soit une réduction de sa taille.
Ce sont ces lésions cérébrales qui sont à l’origine des troubles de la mémoire, de l’orientation, puis du langage, du comportement et de la marche.
Pour l’heure irréversible, la maladie d’Alzheimer bénéficie de traitements médicamenteux atténuant les symptômes, tandis que des activités thérapeutiques dédiées visent à maintenir les capacités cognitives existantes du malade d’Alzheimer.

Qui risque de développer la maladie d’Alzheimer ?

Close-up portrait of an elderly woman in her home.Les personnes âgées sont les plus touchées puisque le facteur principal de risque reste l’âge. A 85 ans, une personne sur quatre est concernée par la maladie Alzheimer. Entre 90 et 95 ans, la proportion passe à une personne sur trois.

Pourtant, Alzheimer n’est pas toujours la conséquence directe du vieillissement, et toute perte de mémoire n’est pas forcement un signe de la maladie d’Alzheimer.On compte en France environ  32 000 personnes âgées de moins de 60 ans  ayant développé la maladie d’Alzheimer. Chez ces jeunes patients, la cause est avant tout génétique.

Les femmes sont également plus nombreuses à développer la maladie d’Alzheimer.
Les femmes vivent plus longtemps que les hommes, or cette maladie survient surtout avec l’âge.
Ainsi 60% des malades d’Alzheimer sont des femmes. 73% d’entre elles sont âgées de plus de 80 ans.
Par ailleurs, selon certaines études, les changements hormonaux survenant à la ménopause, avec la chute des œstrogènes jusqu’alors protecteurs, pourraient également constituer un terrain à risque. Bien que des essais cliniques visant à compenser cette perte par un apport médicamenteux ne soient pas vraiment concluants.
D’autres études évoquent des explications génétiques, notamment en raison de l’influence du gène ADNP dans l’hippocampe, siège de la mémoire. Sa déficience observée chez les souris femelles augmenterait la prédisposition à Alzheimer.

Les personnes hypertendues :

L’hypertension étant un facteur de risque avéré, celle-ci doit être sérieusement traitée afin de prévenir la survenue d’Accident Vasculaire Cérébral (AVC), qui multiplie d’autant les chances de développer la maladie d’Alzheimer. D’autant que les traitements antihypertenseurs existent et sont efficaces.

Les diabétiques de type 2 :
Ils ont deux fois plus de risque de développer la maladie d’Alzheimer. Le diabète ayant des conséquences délétères sur le plan cardiovasculaire et également cognitif.

Les personnes obèses :
L’obésité représente un risque aggravé. D’où l’importance d’une alimentation équilibrée et variée, de type méditerranéen, incluant une quantité suffisante de fruits, légumes, poissons, huile d’olive etc…Le mode de cuisson, de préférence rapide, à la vapeur, plutôt que grillé ou frit constituent également des points essentiels dans la prévention et l’aggravation d’Alzheimer.
A noter que le cholestérol et la glycémie doivent être régulièrement contrôlés.

Les alcooliques et les fumeurs :
Ils présentent également des risques accrus de développer la maladie d’Alzheimer en vieillissant. En raison des complications cardiovasculaires engendrées par l’alcool et le tabac. Seul le vin rouge (1 à 2 verres par jour maximum) semble avoir, selon certaines études, un effet bénéfique sur la santé en général, ainsi que sur le plan cognitif.

Les personnes victimes de traumatismes crâniens, et notamment les boxeurs :
Ils sont plus sujets à développer la maladie d’Alzheimer, en raison des lésions cérébrales subies.

Les personnes dépressives :
La dépression peut être, en effet, un facteur déclenchant de la maladie d’Alzheimer, mais elle n’en est pas la cause. Par ailleurs, des personnes souffrant d’Alzheimer mais non diagnostiquées, sont souvent soignées à tort pour une dépression nerveuse. En raison des symptômes tels que les troubles du comportement, l’apathie, le repli sur soi, l’irritabilité.

Or, un diagnostic précis s’avère nécessaire car le traitement et la prise en charge sont bien évidemment tout à fait différents.

De plus, l’usage de somnifères, et notamment l’emploi prolongé de benzodiazépines peuvent avoir des conséquences graves sur la mémoire. Selon certains spécialistes, ils seraient à l’origine de milliers de cas d’Alzheimer.

Les personnes ayant fait de courtes études seraient plus exposées :
Ainsi que celles peu habituées à « faire travailler leur cerveau ». En cause, la réserve cognitive étant plus faible, le déclin s’avère plus rapide. A contrario, les personnes plus instruites, puisent dans leurs réserves cognitives, ce qui permet non pas d’éviter la maladie d’Alzheimer mais de la retarder.
A ce sujet, les bienfaits des exercices cérébraux tels que les mots-croisés, sodoku, le scrabble, bridge etc…sont nombreux. Certes, ils n’empêchent pas la survenue d’Alzheimer mais ils sont capables de retarder significativement le déclin cognitif et les pertes de mémoire.

Les personnes sédentaires, à faible mobilité, ne pratiquant aucune activité physique sont plus touchées :
Le sport, comme l’exercice physique régulier, y compris la marche quotidienne sont de bons moyens de retarder la maladie d’Alzheimer.
Une étude récente, publiée dans le magazine Neurology, portant sur des personnes âgées de plus de 75 ans vient de démontrer clairement que l’activité physique ralentissait l’apparition des lésions cérébrales liées à la maladie d’Alzheimer.
Par ailleurs, mener une vie sociale, sortir, rencontrer des gens, s’intéresser aux autres et faire preuve de curiosité intellectuelle, restent des valeurs sûres dans la prévention de la maladie. La solitude et l’isolement sont hélas des facteurs aggravants.

Les personnes dont un des parents souffre d’Alzheimer ne sont pas plus à risque que les autres. L’hérédité ne représente qu’1% des cas, il s’agit généralement de personnes ayant développé la maladie avant la soixantaine.

Enfin, si les spécialistes sont partagés sur l’utilité d’un dépistage précoce et systématique de la maladie d’Alzheimer parmi les personnes à risque, tous recommandent de consulter son médecin de famille en vue d’effectuer un diagnostic dès l’apparition des premiers symptômes: Perte de mémoire, troubles de l’orientation, du langage ou du comportement…


 

Elderly woman with granddaughter

Accompagner sans oublier de vivre

Près des deux tiers des patients Alzheimer vivent à domicile et un tiers des patients au stade sévère de la maladie vivent encore chez eux. Quand la maladie se déclare, c’est toute une vie qu’il va falloir réorganiser.

Vivre avec Alzheimer  difficile pour le patient, mais aussi très lourd pour vous,la famille, dont le rôle est important pour le maintien à domicile du patient.

Ce que vous pouvez faire:

1- Observer le traitement prescrit:

Le médecin traitant ou le neurologue ont très probablement prescrit certains médicaments pour tenter de stabiliser l’état physique et psychologique de votre parent, il est important que vous veilliez à ce que le traitement soit bien suivi.  

2-Se faire aider:

  • Votre parent peut bénéficier d’aides par le biais de l’APA: aide ménagère, auxiliaire de vie,…Accepter l’intervention d’une personne extérieure peut être difficile mais elle est importante pour faciliter le quotidien.
  • Des contacts réguliers avec le médecin traitant, l’assistante sociale ou le psychologue vous permettront de pouvoir exprimer vos craintes et de bénéficier du soutien psychologique dont vous avez besoin.

3- S’informer:

Vous pouvez trouver toutes les informations dont vous avez besoin auprès des CLIC (centres locaux d’information et de coordination), les assistantes sociales du CCAS (centre communal d’action sociale) et les associations comme France Alzheimer .

Vous pouvez aussi contacter un de nos conseillers, qui saura vous écouter, vous renseigner et vous accompagner (numéro vert : 0805 083 083).

4- Se préserver une vie personnelle:

  • Aménagez vous des moments de détente: si besoin, vous pouvez faire appel à un ami , un proche ou un garde-malade le temps pour vous de vous détendre un peu.
  • N’oubliez pas votre vie: vos amis, vos activités , votre travail,…
  • Renforcez le contact avec le reste de la famille: en leur donnant régulièrement des nouvelles mais aussi à prendre des leurs.
  • Afin de ne pas être sur le qui vive continuellement,aménagez l’appartement pour limiter les risques: privilégiez l’électricité au gaz, débarrassez vous des tapis (risque de chute),médicaments sous clé, porte bien fermée,…
  • Programmez vous des vacances , des week ends …votre parent peut intégrer une maison de retraite en séjour temporaire (séjour de répit) pour quelques jours ou semaines, le temps pour vous de « recharger vos batteries ».

5- Définir ce que vous pouvez et ne pouvez pas faire:

  • Acceptez de déléguer la partie « soins » à des professionnels  afin de préserver votre relation parent-enfant.
  • Faites la part des choses entre soin au malade , partage affectif et obligation morale de le faire. Un groupe de parole peut être un excellent moyen de parler des difficultés rencontrées.

6- Respecter ses limites:

  • Restez à l’écoute de vous même et acceptez vos limites.
  • N’attendez pas d’être épuisé pour vous arrêter et passer la main.
  • Acceptez de ne pas savoir tout faire, de ne pas être disponible à chaque seconde et de ne pas être irréprochable.
  • Ne négligez pas votre sante.
  • Cherchez et utilisez les options accueil de jour,hôpitaux de jours ou maisons de retraite spécialisées.

7- Etre l’aidant sans devenir la victime:

  • N’hésitez pas à exprimer vos difficultés , votre ressenti et votre désarroi.
  • Défendez vos droits, vous pouvez pour cela vous faire aider par les associations.
  • Partagez votre expériences avec les professionnels de la santé.

8- Garder une attitude ferme envers son parent;

  • Ne faites pas pour lui ce qu’il est encore capable de faire.
  • Ne le laissez pas vous commander.

9-Motiver son parent:

  • Parlez pluton de ce qui reste que de ce qui est perdu.
  • Encouragez votre parent à faire et non à laisser faire.
  • Aidez votre parent à préserver sa dignité et son apparence: l’empêcher de rester en pyjama toute la journée, lui parler comme à un adulte et le faire participer aux actes de la vie quotidienne.

Il risque fort qu’un jour, bien que vous ayez fait le maximum, le maintien à domicile ne soit  plus possible : une prise en charge en milieu institutionnel permettra, le moment venu, d’offrir les meilleurs soins au patient selon l’évolution de sa maladie.

Pour plus d’informations, n’hésitez pas à nous contacter!

 


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