La qualité de vie des personnes âgées

grandma-1335722__340L’Organisation mondiale de la santé (OMS) définit la qualité de vie par « la perception qu’a un individu de sa place dans l’existence, dans le contexte de la culture et du système de valeurs dans lequel il vit, en relation avec ses objectifs, ses attentes, ses normes et ses inquiétudes. C’est un concept très large influencé de manière complexe par la santé physique de la personne, son état psychologique, son niveau d’indépendance,ses relations sociales ainsi que sa relation aux événements essentiels de son environnement ».

La vie des personnes âgées dépendantes en maison de retraite médicalisées est souvent perçue par la société comme triste, sans intérêt et en règle générale négative.

Pourtant, les études internationales démontrent que c’est précisément dans la catégorie des seniors que l’on trouve la plus forte proportion de gens heureux.Les résidents font preuve d’une aptitude d’adaptation étonnante, malgré leur fragilité et leur dépendance, qu’elles soient physiques ou psychiques.Il semblerait que les personnes âgées s’engagent dans un processus de déprise qui s’intègre dans la dynamique de résilience.De ce fait, les résidents des maisons de retraite expriment des sentiments  reflétant une qualité de vie tout a fait acceptable, ou le plaisir y a sa place contrairement aux idées préconçues de la société.

Note:
La déprise sociale des personnes âgées, un concept de la sociologie de la vieillesse et du vieillissement qui permet d’analyser leur renonciation à certaines activités au fil de leur avancée en âge ( Wikipedia).

La résilience désigne la capacité pour un corps, un organisme, une organisation ou un système quelconque à retrouver ses propriétés initiales après une altération (Wikipedia).

Il existe beaucoup de stéréotypes négatifs  véhiculés par la société sur les personnes âgées: elles sont forcement plus malheureuses et tristes que  la population plus jeune ,étant donne les nombreuses pertes qu’elles ont forcement dû subir: décès de proche, perte d’autonomie, de capacités physiques,…

Pour comprendre la différence entre ce que nous pensons du grand âge et ce que pensent les personnes au grand âge, il faut accepter qu’un jeune adulte et une personne âgée ne définissent pas de manière similaire leur qualité de vie. Une personne de 80 ans ou plus n’a pas les mêmes besoins, les mêmes désirs ou les mêmes intérêts qu’une personne de 20 ans…

Pour les personnes âgées, le bien-être est associé à la plénitude et au calme, contrairement aux jeunes qui l’associent à l’agitation, l’activité et l’action. Par exemple,pour un jeune adulte de 20 ans, être assis sur un fauteuil, le soleil dans le visage  à  regarder dehors tient de l’ennui et de la solitude…pour une personne de 80 ans, cela peut être un vrai moment de plaisir et de détente.

De même , pour un jeune adulte « grand age » signifie maladie et  dépendance, la personne âgée en est réduite à ses incapacités. Alors que la personne âgée ne se voit pas forcement de cette manière , l’altération de sa sante n’a pas autant d’impact sur sa qualité de vie que ce que les personnes plus jeunes pensent.

Les personnes âgées vivent  l’instant présent, et profitent au jour le jour de ce qu’elles ont acquis. De plus,nos aînés ont plutôt tendance à traiter les informations positives au détriment des informations négatives

Il est donc important  de différencier les conditions objectives (majoritairement la qualité de vie liée à la sante) des perceptions subjectives des personnes âgées quant à leur qualité de vie (ce que l’on appelle le vécu).

Evaluer la qualité de vie au grand age doit non seulement se baser sur des critères qualitatifs mais aussi sur l’appréciation des personnes âgées de leur qualité de vie (  satisfaction,estime de soi, évolution de leurs besoins,..).

Les personnes âgées  dont les facultés mentales sont atteintes peuvent elles aussi être en mesure de communiquer des informations importantes sur leur vécu .

« En moi, c’est l’autre qui est âgé, c’est-à-dire celui que je suis pour les autres : et cet autre, c’est moi » (Simone de Beauvoir)